HENRY “PUCHO” BROWN – Un oublié du Latin Jazz et pourtant

PUCHO BROWN - TimbalesMais qui se souvient de Henry « Pucho » Brown ?

Sans savoir qui en est l’interprète, tous les amateurs de Latin Jazz ont déjà entendu un titre d’Henry “Pucho” Brown. A l’heure actuelle où l’on parle beaucoup des nombreuses figures du Latin Jazz, on pense notamment à Tito Puente, Cal Tjader, Willy Bobo, etc… Il n’est cependant pas superflu de rappeller qui est “Pucho”. Il me paraît plus qu’utile de réparer cette injustice flagrante.

 

 

 

Contrairement à la consonance de son nom, Henry Brown n’est pas « latino » mais afro-américain. Il naît dans le Bronx en 1938. Il grandit et va à l’école au sein de la communauté latino de l’époque. Fasciné par les rythmes cubains et les mambos de l’époque qu’il entend tout autour de lui, dès l’âge de 15 ans, il s’achète ses premières timbales. C’est l’époque des morceaux tels que « Anabacoa » du pianiste dominicain Frank Damiron et « Timbalero Numero Uno » de Tito Puente. En 1955, il est engagé comme timbalero dans le groupe de Joe Panama où il décroche son premier contrat professionnel. Malheureusement, le groupe de Joe Panama se sépare en 1959.

Cet événement qui aurait pu être interprété comme un échec, va servir de déclencheur pour la carrière de « Pucho ». C’est l’époque folle du Mambo, du Salsoul et du Jazz, le tout se mélangeant pour former des styles typiques de l’époque (Boogaloo, Shing-a-Ling,…). Il monte alors son propre groupe et sort chez Epic son premier morceau : « Darin’s Mambo ». Le disque ne fut pas un succès commercial. « Pucho » n’a jamais eu son pareil pour dénicher des musiciens hors pairs. Ils les déniche et les engage. Au fil du temps, certains de ses musiciens le quitteront pour rejoindre d’autres beaucoup plus en vue. Ses propres musiciens s’en iront notamment rejoindre  Willie Bobo ; Chick Corea le quittera pour  aller chez Mongo Santamaria. A noter que Barry Rogers, bien connu pour ses collaborations avec Eddie Palmieri, fera également partie de ses musiciens.  Mais toutes ces déconvenues n’ont jamais découragé «Pucho ». 

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Entre 1966 et 1970, il sera au top de son art et sortira une demi-douzaine d’albums chez Prestige. Jamais purement Latin Jazz ni Jazz. Ce sont des albums de Funk Soul et de New York Latin Jazz. Certains le considèrent comme un pionier du Latin Boogaloo. C’est l’époque également où il sortira des covers d’Herbie Hancock, des Temptations, etc… le tout formant un ensemble Latin Funk toujours consistant. Pour preuve, les percussions latines, les congas, les timbales et bongos ont toujours formé la ligne directrice de tous ses albums.
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PUCHO BROWN - How Am I Doin'Début des années 70, son groupe se sépare et «Pucho» s’en va jouer du piano sur les hauteurs de Catskills, New York. Il jouera du piano dans les lounges et autours des piscines des hôtels du coin jusque dans les années 1990. C’est l’époque où les DJ londoniens lanceront la vague « acid jazz ». Ils dépoussièrent les morceaux de « Pucho » et ça marche du tonerre. Contacté et invité à venir jouer en Angleterre en 1995, une partie de ces albums resortent sur le label ACE Records.  C’est alors que sort son premier album depuis de longues années, « Rip A Dip » et en 2000 “How’m I Doin ?“, pied de nez à ses détracteurs à qui il demande : ”Vous voulez savoir comment je me porte ?”. Et bien écoutez le fabuleux morceau « Vietnam Mambo » et vous deviendrez très vite un de ses fans.

PUCHO BROWN - The HideoutDernier album en date « The Hideout » en a encore surpris beaucoup d’entre nous. Une superbe reprise de « Abaniquito » (Tito Puente) retravaillée à la sauce « Pucho » , où « Pucho » se lâche complètement aux timbales. Et encore plus surprenant, une reprise Latin Funk de « Superstition » de Stevie Wonder et un morceau très personnel, « Para Mongo»…

 

 

Bref, une personne qui est restée très modeste mais dont les apports à la musique latine en général et à la salsa ne sauraient rester sous silence.

HENRY PUCHO BROWN LIVE

Voici une discographie non exhaustive de Pucho

Tough
Saffron Soul
1967 Shuckin’ and Jivin’
1968 Big Stick
Heat !
1969 Dateline
1970 Jungle Fire
1971 Yaina
1972 Super Freak
1994 Jungle Strut
1995 Rip A Dip
1997 Groovin’ High
1999 Caliente Con Soul
2000 How’m I doin’ ? – Cannonball
2004 The Hideout – Prestige

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