Vous dansez la Salsa et vous avez certainement déjà eu envie d’acheter un CD. Vous vous trouvez en face de toute une panoplie de CD de musique cubaine, colombienne, portoricaine, de belles pochettes et des ….moins belles, et j’en passe. Vous regardez à gauche, à droite, et personne pour vous conseiller… Et voici le Label le plus productif de la Salsa, Fania Records (racheté récemment par Signal Equity…)
Parmi les derniers disques arrivés chez nos disquaires, ceux du label Fania ne passeront certainement pas inaperçus. Ils sont dans le vent, tout le monde en parle et en achète. Mais d’où vient ce label, quel est son histoire, est-ce un nouveau label? Et à l’écoute, les avis sont pourtant mitigés. Mais qu’ont-ils de si spécial les disques du label Fania?
Je vous en parle aujourd’hui car plus de deux cent disques de ce mythique label de Salsa new-yorkais sont en cours de réédition avec la pochette originale et des notes explicatives en anglais et en espagnol, retraçant l’histoire ou les particularités de chaque disque. En effet, Emusica, une compagnie basée à Miami a racheté le catalogue du la légendaire Fania (le prix de la transaction reste une inconnue !). Le projet est pourtant simple : rééditer les disques de ces stars de la musique latine des années 70 et 80 avec un son moderne! Et bien sûr, cela déchaîne les passions !
———————————————————————
Ces rééditions sont aussi la raison pour laquelle vous entendez sur les pistes de danses des artistes ou des titres qui vous sont tous inconnus mais qui vous rappellent vaguement quelquechose : Willie Colón, Joe Bataan et bien d’autres.
Le label Fania fut souvent considéré comme le Motown de la Salsa et connut ses heures de gloire vers la fin des années 60 jusque tout au long des années 70. Oui, vous avez bien lu, les années 70. C’est pas de la dernière pluie, surtout en Belgique. La Fania comptait en ses rangs toute une série d’artistes les plus prestigieux les uns que les autres : Johnny Pacheco, Pete « El Conde » Rodriguez, Celia Cruz, Joe Bataan, Willie Colón, Eddie Palmieri, Hector Lavoe, Bobby Valentin. La liste serait beaucoup beaucoup trop longue à énumérer.
La comparaison avec Motown s’arrête là. En effet, la Motown étant toujours connue aujourd’hui et le sujet de nombreuses compilations et de livres. Par contre l’histoire de la Fania s’est, elle, terminée dans l’ombre. Seuls les collectionneurs ou les latinos d’un certain âge s’en souviennent encore. Le catalogue de la Fania prenant la poussière dans un hangar de New York dans l’attente d’une hypothétique seconde vie. La plupart des disques originaux étant eux introuvables. Ces rééditions représentent une incroyable opportunité de découvrir ou même redécouvrir les artistes ou les morceaux qui sont considérés comme les plus grands tubes de la Salsa.
——————————————————————–
Le label Fania correspond également à toute une époque : guerre froide, le scandale du Watergate, le blocus de l’île de Cuba, le Disco et John Travolta et les tumultes d’une communauté latine dans le New York des années 70. La Fania, c’est comme un catalogue de la musique latine de toute cette époque, une chronologie biographique de toute la scène musicale latine.
Les fondateurs du label, Johnny Pacheco et Jerry Masucci, connaîtront un début modeste, voire difficile. Ils feront le tour des disquaires et des clubs à bord de leur voiture. Les disques étant stockés dans le coffre de celle-ci. Petit à petit, la liste des artistes et groupes signés sur leur label grandira et la Fania deviendra incontournable. Les artistes seront d’origines très différentes : noirs, blancs, portoricains, philippins, américains,…
Parmis les artistes de la Fania, on peut citer le jeune Willie Colón, compositeur et tromboniste doué. Il sera associé au chanteur Hector Lavoe, portoricain d’origine, avec une voix haut-perchée. Willie Colón intégrera des solos de trombones sauvages, marquant définitivement la Salsa new-yorkaise de son empreinte. Ils mélangeront des rythmes afro-cubains avec du jazz, du R&B, de la musique brésilienne et bien d’autres rythmes encore. Les paroles et leur musique relatent la vie de l’époque dans les quartiers défavorisés de New York. La vie d’Hector Lavoe, bien que fort romancée, est le sujet d’une biopic récente. Les acteurs principaux étant bien sûr Marc Anthony et …. Jennifer Lopez. Sur leurs pochettes de disques, Colón et Lavoe apparaîtront souvent en gangster ou délinquants, ajoutant l’image à leur musique. L’image de « mauvais garçon » n’est donc pas une technique de vente récente !
——————————————————————–
«Il y avait beaucoup de concurrence» se rappelle Willie Colón, qui s’est fort impliqué dans la vie politique newyorkaise ces dernières années. N’oublions pas que les paroles de Salsa ont souvent un contenu politique. « Au sein du label, il y avait beaucoup de concurrence. Nous essayions tous d’innover et d’être meilleur que les autres. » Ces innovations sont toutes présentes dans les premières rééditions de la Fania. La musique possède de solides bases afro-cubaines, en « clave », la sensualité des Big-bands, le tout mélangé avec de nombreux autres styles tels que le Son Cubain, le Mambo, la Rumba, la Plena et la Bomba portoricaine (ces deux dernier styles mériteraient à eux seuls un article complet). Dans les premiers albums du label : “El Malo” (1967) de Willie Colón, “Rey del Bajo” de Bobby Valentin et “El Maestro” de Johnny Pacheco (1974), va naître un tout nouveau style aux arrangements complexes et beaucoup plus aggressifs.
Les conséquences de la Guerre Froide seront au cœur du développement de cette musique. L’embargo cubain a réellement coupé les liens entre les musiciens cubains installés aux Etats-Unis et leur île natale ayant pour conséquence le développement de la musique latine à New York. Les rééditions Fania font ressortir ces sentiments urbain et cosmopolite.
——————————————————————–
Le label était un fourre-tout, avec des latinos provenant de toutes horizons sans distinction de couleurs: des portoricains (BobbyValentin, Ismael Rivera, Pete Rodriguez), des dominicains (Johnny Pacheco), des panaméens (Ruben Blades), des cubains (Celia Cruz), des New Yorkais (Ray Barretto, Willie Colón), et même des américains (gringos) tel que Larry Harlow, surnommé le « Juif Merveilleux » (El Judio Maravilloso). Leur musique tirait parfois vers le Bebop, la Soul, le Rock et bien d’autres genres présents dans la métropole. Les paroles quant à elles étaient des reportages sans fard de la vie de tous les jours dans les quartiers et les rues chaudes de New-York.
« Nous faisions de la musique urbaine, on parlait des choses de la ville – ce qui se passe aux coins des rues, des histoires de drogues, de violence, de chômage » dit Willie Colón. « Les histoires qui nous venaient de Cuba étaient beaucoup plus rurales, plus calmes. Nous étions en train de fabriquer un folklore urbain ». Willie fait ici allusion au Grupo Folklorico Nuevayorkino (voir les articles dans ce blog).
——————————————————————–
Willie Colón a toujours cultivé une image de voyou et de dur-à-cuire new-yorkais, utilisant l’iconographie des gangsters et n’hésitant pas à utiliser cette image sur ces pochettes telles que “El Malo” (“Le Mauvais Garçon”) montrant des musiciens en uniforme de prisonniers.
Mais ce qui ressort vraiment des ces disques remasterisés, c’est cette extraordinaire complicité entre les artistes eux-mêmes. Des albums tels que “Celia & Johnny” (1974), la collaboration de Pacheco avec Celia Cruz, l’album de Roberto Roena “Roberto Roena y Su Apollo Sound 5″ (1973) sont tous deux des classiques de la Salsa: une musique pour danser, âpre et sans concession, avec des cuivres, le tout accompagné par les claves, les timbales et les congas.
Pour les fans de Jazz qui n’ont toujours pas accroché à la Salsa, vous serez impressionné par les qualités rythmiques des structures de cette musique : le solo de piano d’Eddie Palmieri sur le morceau dit de Salsa Progressive, “Vamonos Pa’l Monte” (1971) et les improvisitions de Willie Colón au trombone sur le titre « El Malo » ne vous laisserons pas de marbre. La plupart de ces groupes seront dirigés par des directeurs musicaux comme dans les Big-bands de Jazz. Le milieu des années 80 verra un nouveau style de Salsa émerger : la Salsa romantique, faisant la part belle aux chanteurs. La Fania quant à elle sera dissoute suite à de nombreuses poursuites en justice.
La Fania n’avait pas besoin de chanteurs, elle avait déjà son chanteur : la voix un peu décalée de Hector Lavoe servira de référence à de nombreux chanteurs Salsa. Sur la version remasterisée de son album sorti en 1975, « La Voz » on peut entendre la chaleur désespérée de sa voix ; une voix chaude à la fois capable d’interpréter des morceaux lents et beaucoup plus rapides tels que « Mi Gente », un titre de Johhny Pacheco qui deviendra l’hymne de Lavoe. La douceur de la voix de Lavoe n’a jamais réussi à cacher sa vie difficile et son manque de chance : la lutte contre sa propre toxicomanie, le meutre de son fils, ses tentatives de suicide et sa mort prématurée à 46 ans. Aujourd’hui, bien des années après son décès, il est toujours une icône sacrée de la Salsa. J’en veux pour preuve, les nombreux artistes de Reggaeton actuels faisant parfois explicitement référence à Hector Lavoe ou parfois beaucoup plus subtilement, incluant certaines de ses paroles dans des Reggaeton d’enfer !
Le terme Fania fera toujours référence aux disques de Salsa très rapides et rythmés des années 70, mais aussi aux Fania All Stars, rassemblant pratiquement toutes les stars du label au sein d’un même groupe. Les nouvelles sorties révèlent l’incroyable étendue du catalogue Fania : ce n’était pas uniquement un label de Salsa. Les enregistrements contiennent un magnifique album de la chanteuse excentrique La Lupe, interprétant des boléros et accompagnée par un groupe de cordes. Egalement des albums orientés Latin Jazz (du merveilleux conguero Mongo Santamaria) ; une superbe collaboration en 1966 entre Tito Puente et la jeune « Celia Cruz Cuba y Puerto Rico Son » ; sans oublier plusieurs disques de Funky Boogaloo et de Latin Soul publiés tout au long des années 60 (le meilleur d’entre eux étant peut-être les disques de l’Afro-philippin Joe Bataan, « Riot » en 1968, dont la pochette parvient à nous faire revivre ces années turbulentes du Barrio.
Les paroles engagées aux contenus politiques et aux revendications sociales resteront une des caractéristiques marquantes de l’âge d’or de la Fania. Larry Harlow se rappelle : « C’était le temps des Révolutions, de Woodstock, des Black Panthers, c’était le Vietnam. Quand les liens vers Cuba se sont interrompus dans les années 60, les musiciens de New York ont rajoutés ces types de paroles. Nos paroles parlaient d’amour, de guerre et de protestations ».
——————————————————————–
Le chanteur -compositeur Rubén Blades, fut une des figures clés de ce mouvement salsero. Ces paroles poétiques aux messages satyriques avaient pour thème le racisme, la justice sociale et la différence culturelle. “Siembra”, paru en 1978, en collaboration avec Willie Colón, est un album-concept contenant des tubes salsa décoiffants (avec des parodies disco) se moquant du matérialisme américain et appelant à l’unité des Latinos. Cet album restera durant des années entières au sommet des ventes d’album de musique latine.
A l’instar des albums Fania, “Siembra” sera enrégistré dans un studio de Manhattan. Bizarrement, vous trouverez certainement cet album dans la partie “musique du monde” avec tous les autres albums non-anglophones. Cependant, la Salsa est une musique aux origines “américaines”, tout comme le Jazz ou le Rock font partie du paysage musical américain.
A un moment où le paysage politique américain est secoué par des vagues d’immigration latinos, la réédition des disques Fania nous rappelle que les Latinos étaient déjà présent sur le continent depuis bien longtemps (les premiers commerçants portoricains arrivèrent aux Etats-Unis dans le courant du 17e Siècle) et que les Latinos ont toujours joué un rôle actif dans le paysage culturel américain.
La Fania a montré le chemin en diffusant la Salsa à travers l’Amérique du Sud et les Caraïbes”, nous rappelle le professeur Garcia. La seconde et la troisième génération de musiciens viennent de pays comme la Colombie et le Vénézuela, et ce ne fut pas uniquement la musique de la Fania qui connût un grand succès, mais également les messages véhiculés par la Salsa en général.
——————————————————————–
Les morceaux Salsa de l’époque Fania ne sont pas tout à fait étrangers à nos oreilles. Les auteurs de la Fania ont toujours été inspirés par la musique Pop américaine. Mais l’influence à toujours fonctionné dans les deux sens. J’en veux pour preuve les mélodies de conga dans “What’s going on ” de Marvin Gaye, un titre qui doit beaucoup à la Salsa. La musique Salsa de la Fania, à également des liens avec des classiques de la Soul et du Rock, avec Stevie Wonder et Curtis Mayfield, avec Santana et même avec Led Zeppelin, dont le titre “Fool in the Raine” est un pastiche Salsa.
Néanmoins, les jeunes latinos trouveront ces disques Fania un peu vieillot. Pourtant les albums Fania étaient à l’époque l’équivalent des disques de Reggaeton tant décriés aujourd’hui.
Je suis cependant catégorique, cette musique continuera à mettre le feu aux pistes de danses et des Salsotecas ici en Europe, mais aussi en Amérique Latine et dans le New-York d’aujourd’hui! Il est aussi très important de noter que Hector Lavoe, ce chanteur si charismatique du label Fania, est devenue une icône dans toutes les rues du Barrio et parmis les plus jeunes latinos avides de Reggaeton.
Le mythe Fania vient à peine de naître et a de beaux jours devant lui!!!
FANIA All Stars
Archivé sous: LABELS, NEWS/TOURS/CONCERTS | Tagué : BOOGALOO, ceux du label Fania ne passeront certainement pas inaperçus. Ils sont dans le vent, est-ce un nouveau label?, FANIA RECORDS, HECTOR LAVOE, JENNIFER LOPEZ, JERRY MASUCCI, JOE BATAAN, JOHNNY PACHECO, MARC ANTHONY, Parmi les derniers disques arrivés chez nos disquaires, PETE EL CONDE RODRIGUEZ, quel est son histoire, RUBEN BLADES, SALSOUL, SANTANA, SIGNAL-EQUITY, tout le monde en parle et en achète. Mais d'où vient ce label, WILLIE COLON
[...] un hommage à la Fania, Salsa Mundial est une oeuvre bien aboutie, réfléchie et à la fois naturelle, remplie de [...]
[...] Hall et au Madison Square Garden à guichets fermés. En 1974, Tico Records est rachetée par Fania Records et il fut négocié que ce soit Celia Cruz qui rejoigne l’orchestre Fania All Stars alors que [...]
[...] ANDY DURAN - Tito-Tito Publié le octobre 3, 2008 par musicadelbarrio Andy Durán – (Né le 02 Jan 1949 à Caracas, Venezuela), musicien précoce, compositeur, arrangeur et directeur musical du Latin Big Band composé d’une quinzaine de musiciens. Le groupe combine de façon explosive de nombreux rythmes tous les plus intéressants les uns que les autres.) Andy Durán est reconnu au niveau international pour sa constance, sa discipline et son amour de la musique latine et son Big Band possède un vrai son de “Big Band” à l’instar des orquestres de Glenn Miller, de Duke Ellington, Pérez Prado, Tito Puente et Tito Rodríguez. Andy Durán met un point d’honneur à donner des concerts, à jouer “en live”. Ils ont donné des concerts dans les principales salles de Caracas et du Vénézuela. Leur répertoire varie selon la nature des concerts, incluant non seulement des rythmes Latin Jazz, mais également des genres musicaux plus traditonnels tels que le Mambo, Danzon, Cha Cha Cha, Swing et des rythmes caribéens comme le Boléro et la Guaracha. Et Andy Duran ne s’arrête pas en si bon chemin: il nous a concocté un super album en hommage à la Fania. [...]
[...] tout le monde, le ce premier post concerne un album un peu moins classique de Barretto, paru chez Fania Records [...]
[...] musicadelbarrio “Monguito” sera le premier chanteur à sortir un album en solo chez Fania. Une superbe voix interprétant singulièrement des Guajiras ( ”Junto al [...]
[...] ———————————————– Andy sera également professeur de musique dans les écoles newyorkaises et sa réputation en tant que musicien et arrangeur de Latin Jazz ne fera qu’augmenter. Cela va tout naturellement l’amener à signer chez Fania/Vaya Records et devenir un membre régulier des Fania All Stars. [...]
[...] Publié le mars 25, 2009 par musicadelbarrio Voici peut-être un des moins connu des albums de la Fania All Stars, “Delicate And Jumpy”. Sorti en 1976, cet album réunit la Fania All Stars et Gene [...]
[...] qui fera l’effet d’une petite bombe dans le monde de la musique Latine. En effet, le Label Fania vient à nouveau de changer de [...]
[...] partie de leurs albums sortis à l’époque chez Cotique Records (label racheté plus tard par Fania Records): “Mi bebé no puede esperar“, “Monkey See, Monkey Do“, “Piensa [...]
[...] Fania All Stars – Soy Guajiro – San Juan 73 Alfonso Osuna – Esa Chiquita - Alla Va Eso Orquesta Aragon – Hasta Siempre Comandante – Sonido De Siempre Choco Orta – Cucala – Ahora Mismo _________________________________ [...]
[...] En 1969, il est engagé pour une période de 6 mois par la Sonora Matancera, chantant en compagnie de Yayo ” El Indio”. Il retourne ensuite vers Puerto Rico où il va monter son propre orchestre, ”Azuquita y su Melao” et va donner des concerts au Josco Night Club. En 1972, il part pour Los Angeles en Californie et entame une tournée qui l’emmènera à San Francisco, à San Diego et à Las Vegas. 1974 sera une grande date pour Azuquita: il passe alors sous contrat pour la Fania All Stars. [...]
[...] Abriendo Caminos Eddie Palmieri – You Dig - Palmas _________________________________________ Fania All Stars – Que Rico Suena Mi Tambor – Live at Yankee Stadium 1973 Louie Colon – Vete Pa La Factoria – Ma Salsa Que Pescao Maraca Valle – Descarga [...]
[...] partie de leurs albums sortis à l’époque chez Cotique Records (label racheté plus tard par Fania Records): “Mi bebé no puede esperar“, “Monkey See, Monkey Do“, “Piensa [...]
[...] la leçon et signera chez un autre label de l’epoque dirigé alors par Johnny Pacheco, le label Fania. Le chanteur attitré de Colon n’étant pas arrivé à l’heure pour le début des [...]