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1970 - 1980, CD/LP REVIEWS, LATIN JAZZ, RUMBA

GRUPO FOLKLORICO Y EXPERIMENTAL NUEVAYORKINO – Lo Dice Todo (Partie II)


Nous nous retrouvons pour la deuxième partie de l’histoire de ce groupe (pour les distraits, voir la PART I). Cet article traitera plus particulièrement de leur deuxième et dernier album, « Lo Dice Todo ».  Je tiens quand même à signaler que les deux albums sont aujourd’hui disponibles en CD et facilement disponibles chez Bethleem Music! Et une grande surprise pour les amateurs du genre, le groupe s’est reformé.

 

A la suite du premier disque d’anthologie, le deuxième, et dernier disque du Grupo Folklórico sortira en 1976, et sera intitulé « Lo Dice Todo ».  René López et Andy Kaufman seront, à l’instar du premier disque, les producteurs attitrés.  La production exécutive fut confiée à Joe Cayre.  « Lo Dice Todo » sera enregistré le 23 et 25 mars 1976 aux Studios Bell Sound à New York, avec Fred Weinberg comme ingénieur du son.  Al Brown sera à la masterisation et le mixage sera réalisé par René López et Andy Kaufman en collaboration avec Andy González, Manny Oquendo, Milton Cardona, Gene Golden, Heny Alvarez y José Rodríguez.

 Le répertoire et les auteurs respectifs de « Lo Dice Todo » seront les suivant, avec dans l’ordre:

« Cinco en uno callejero » (Heny Alvarez); « Se me olvidó » (Lolita de la Colina); « Trompeta N Cuero » (Conjunto Anabacoa); « Ao meu lugar voltar » (José Rodríguez); « Corte el bonche » (Alberto Ruiz); « La mama » (Justi Barreto)
« Dime la verdad » (Marcelino Guerra); « Aguemimo » (Julito Collazo).

Pour son deuxième enregistrement, le Grupo Folklórico sera composé des membres suivants : Andy González (basse, marimba), Jerry González (congas, quinto, redoblante, claves), Alfredo « Chocolate » Armenteros (trompette), Manny Oquendo (timbales, cencerro, bongó, maracas), Julito Collazo (voix, quinto, batá, redoblante, chekeré), Milton Cardona (congas, tumba de tres golpes, batá, palo, claves), Henry Alvarez (palo), Frankie Rodríguez (tumba de tres golpes, tumbadora, campana), Chief Bay et Bess Taylor (chekeré), Alfredo de la Fe, Noel Da Costa et Gail Dixon Clay (violon), Ashley Richardson (viola), Ron Libscomb (cello), Guillermi Franco (percussions brésiliennes), Portinho (batterie), Nelson González (tres), Oscar Hernández (piano), Gene Golden (tumbadora, batá, quinto, bombo, chekeré), José Rodríguez, Reinaldo Jorge (trombone), Gonzalo Fernández (flûte en bois, sax tenor), Virgilio Martí (voix, congas), Heny Alvarez (voix), Marcelino Guerra (voix, guitare), Félix Rodríguez , Willie García et Ubatán Do Nascimento (choeurs).  Selon les besoins et les spécificités des différents titres, les chœurs seront composés par: Henry Alvarez, Rubén Blades, Diane Cardona, Milton Cardona, Willie García, Renee Golden, Betty González, Nelson González, Jerry González, Marcelino Guerra, Zunny López, Virgilio Martí, Fifi Pintor, Sandra Ramos, Frankie Rodríguez et Sandra (Fela) Wiles.

L’album débute par « Cinco en uno callejero », une bomba composée et interprétée par Henry Alvarez.  Ce titre, comme son nom l’indique, comporte cinq rythmes: la bomba boricua, le mozambique, le calypso, la batucada brésilienne et la rumba.  A propos de cette fusion rythmique particulière, René López déclarera: « toute la communauté autour d’une seule même musique qui nous réunit en un seul rythme et un seul chant.  C’est comme si nous faisions partie de la même famille dont la musique en serait le sang « .   

 

« Se me olvidó » -un bolero de Lolita de la Colina- mais adapté en guaguancó style Grupo Folklórico. Ce sera le morceau le plus diffusé sur les ondes radios.  C’est grâce à ce titre que le groupe se fera connaître du grand public.  Il est interprété par Virgilio Martí qui y jouera les congas.  Dans ce morceau, on peut entendre le violon du cubain Alfredo de la Fe, le quinto de Julito Collazo et le redoblante de Jerry González et une marimba mexicaine jouée par Andy González en contretemps par rapport à la contrebasse, également jouée par Andy.

 « Trompeta N Cuero »  est un Guaguancó dans lequel, comme son nom l’indique, la trompette de « Chocolate » Armenteros se déchaîne jusqu’à ne plus pouvoir.  Le tres de Nelson González et le quinto de Julito Collazo qui évoque les sentiments de peuple des Antilles lors de la période migratoire, le tres, la trompette et le quinto évoquent quant à eux la campagne et les barrios urbains afro-caribéen. 

Julito Collazo

 « Ao meu lugar voltar » – titre pour lequel des partitions seront utilisées – est une samba composée par le tromboniste brésilien José Rodriguez.  « Ao meu lugar voltar » évoque le carnaval brésilien et la nostalgie d’un Brésil si éloigné.  Dans ce morceau, le Grupo Folklórico explore, expérimente même, les rythmes riches sud-américains de la patrie de Pelé.  Guillermi Franco et Portinho seront respectivement chargés des percussions brésiliennes et de la batterie.

 « Corta el bonche », vocalisé par Willie García fut le premier titre que le groupe enregistrera à l’aide de partitions.  A partir de cette Guaracha d’ Alberto Ruiz, ils prépareront un arrangement en partie du vibraphoniste d’origine italienne Bobby Paunetto.  Un ensemble charangua formé par les violons de Alfredo de la Fe, Noel Da Costa, Gail Dixon, la viola de Ashley Richardson et le cello de Ron Libscomb, la flûte de Gonzalo Fernández, les timbales de Manny Oquendo et le piano de Oscar Hernández.  Egalement, les claves de Milton Cardona (au rythme du Son 3X2) combinées aux tumbadoras de Jerry González, le quinto de Gene Golden et la tumba de tres golpes de Frankie Rodríguez jouant un guaguancó, provoqueront une fusion de rythmique atteignant une innovation harmonique qui servira de base à la Salsa traditionnelle classique.

CORTA EL BONCHE

« La mama », avec Willie García, récemment arrivé aux voix, nous avons un Guaguancó de Justi Barreto (le même qui composa « Un verano en Nueva York », immortalisé par le Gran Combo de Puerto Rico).  Il y a une section complète de tambour batá avec Milton Cardona, Gene Golden et Julito Collazo, intégrée pour la première fois aux Etats-Unis au sein d’une section rythmique complète.  La fusion se produit au sein des accords batá d’où surgit la musique des rites santeros cubains entremêlés à la rumba profane.  En plus des batás, il y a Virgilio Martí à la tumbadora, Frankie Rodríguez à la tumba de tres golpes et Jerry González au quinto. 

« Dime la verdad » est un Son composé par Marcelino Guerra (Rapindley).  Les voix principales sont de Félix Rodríguez (Corozo), Willie García et Marcelino Guerra.  Ce dernier qui joue également la guitare, sera la deuxième voix.  « Dime la verdad » est interprété par un septeto cubain de pure style traditionnel (tres, guitare, contrebasse, trompette, maracas, claves et voix).  De par ce titre, Grupo Folklórico rend hommage au Son, expression musicale authentique qui est en grande partie à l’origine de la musique appelée « Salsa ».   Manny Oquendo nous donne ici une fantastique leçon de bongo en évoquant l’époque du bongosero Papa Kila, membre du premier conjunto de Arsenio Rodríguez.  Oquendo _ une vraie institution a notamment travaillé avec Tito Puente, Tito Rodríguez, Chano Pozo, Miguelito Valdés, Eddie Palmieri, Aldemaro Romero, Charlie Palmieri.  Il est directeur du Conjunto Libre, lequel fut créé en 1974 avec la collaboration du bassiste Andy González. 

« Aguemimo » est le dernier titre du disque.  Le vocaliste est le cubain Julito Collazo, lequel interprète également le chekeré, au même titre que Chief Bay y Bess Taylor (tous deux santeros afroaméricains).  Les congas seront jouées par Gene Golden, la campana par Frankie Rodríguez et la flûte par Gonzalo Fernández.  « Aguemimo » nous rappelle que la musique provient d’Afrique et nous interpelle sur la façon des les aspects de la culturels afro caribéens s’enracinent dans cette population qui lui rend ici hommage.  Par pure coïncidence, comme pour « Canto Asoyin » et « Canto Ebioso » (titres de Concepts in Unity) les chœurs seront interprétés par des épouses et des amis des musiciens du Grupo Folklórico. 

 

A mon humble avis, Concepts in unity et Lo dice todo sont deux ouvrages que tout bon mélomane se doit de posséder dans sa collection de disques.  Ils ont leur place au panthéon des souvenirs, nous plongeant dans les sonorités afro caribéennes.  Mais, à la suite de deux albums, créatifs et merveilleux, nous espérions d’autres albums de cette trempe, et même beaucoup d’autres.  Ce ne fut pas le cas, le Grupo Folklórico, se sépara et leurs musiciens s’en allèrent vers d’autres horizons.

Concert Berlin 2007 Grupo Folklórico y Experimental Nuevayorkino

En guise de conclusion, le Grupo Folklórico y Experimental Nuevayorkino, auquel je rends ici hommage, malgré son éphémère existence, représente une partie sensible pour l’âme du mélomane et de l’étude méticuleuse de l’expérimentation sonore afro caribéenne.  Vive la musique afro- caribéenne !

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